Fiche matière

LE COTON BIOLOGIQUE


Type de matière

Fibre naturelle


Origine géographique

Chine, Inde, Etats-Unis, Brésil, Pakistan, pour 75%


Terre

+ Fibre lointaine gourmande en eau et en pesticides
- Recyclable et biodégradable


Emplois

Industrie mondialisée peu attentive à ses risques et impacts.


Clients

Charme d’une matière naturelle


Notre avis

4 / 5 : Respect de la santé des travailleurs, mais fibre toujours lointaine et gourmande en eau


Quels cotons privilégier ?

Privilégier les labels GOTS, BioRe, IVN




Le coton biologique réduit drastiquement l’impact de cette fibre sur la santé des cultivateurs et sur l’environnement grâce à l’absence de pesticides. Il ne représente qu’ 1 % de la production mondiale de coton mais de nombreuses terres sont aujourd’hui en conversion. Les pesticides conventionnels ont un tel impact sur la santé des cultivateurs que La Belle Empreinte n’appose son label que sur les pièces en coton biologique.


Définition, histoire et géographie du coton biologique

Le coton biologique, une fibre cultivée dans le respect de l’environnement
ll n’y a pas un mais des cotons biologiques. Plusieurs réglementations existent : américaines, européennes, indiennes ou chinoises. Ils ont en commun de grands principes : le respect de l'environnement, la conservation des ressources naturelles et épuisables, la préservation de la biodiversité; on retrouve également certains points précis tels que l’interdiction des pesticides, ce qui constitue un avantage écologique et sanitaire, ou bien l’interdiction des engrais de synthèse. En revanche, l'irrigation est permise. Ces réglementations ne concernent généralement que la production du coton et non les étapes post-récoltes. Seuls certains labels garantissent que le coton est cultivé selon une des réglementations biologiques et imposent également des conditions de production des fibres comme le label GOTS (Global Organic Cotton Standards).
Une production en augmentation mais qui ne représente qu’1% du volume mondial
En 2019, environ 200.000 agriculteurs ont produit 240.000 tonnes de coton biologique dans 19 pays. La production a augmenté de 30% par rapport à l'année précédente pour atteindre aujourd’hui environ 1% du volume mondial.
L’Inde, le plus gros producteur de coton biologique
Sept pays produisent 97 % du coton biologique mondial. Il s’agit de l’Inde (51%), la Chine (17%), le Kirghizistan (10%), la Turquie (10%), le Tadjikistan (5%), la Tanzanie (2%) et les États-Unis (2%).

Environnement : un impact largement amélioré malgré une forte consommation d’eau

L’absence de pesticides et d’engrais de synthèse, un impact positif sur l’environnement

Aucun pesticide ni engrais de synthèse ne sont utilisés pour cultiver le coton biologique, ce qui constitue un avantage environnemental majeur par rapport au coton conventionnel :

  • L’empreinte carbone du coton biologique est inférieure au coton conventionnel car la production d’engrais de synthèse est très énergivore

  • Les pesticides, qui contaminent les sols, sont évités dans le cadre d’une production biologique.


La mise en place de pratiques telles que la rotation de culture ou l’installation d’un couvert végétal en agriculture biologique permet de réduire l’érosion, de limiter le lessivage des nitrates et ainsi de lutter contre l’eutrophisation.
La quantification de ces gains environnementaux est néanmoins complexe car sur un hectare de coton biologique, on produit généralement moins de fibre que sur un hectare de coton conventionnel (-30%). Ainsi, même si on met moins d’engrais sur un champ de coton biologique par exemple, alors la quantité utilisée pour produire un kg de fibre ne sera pas forcément plus faible que la quantité pour un kg de fibre conventionnelle.

Tableau comparatif culture coton bio coton conventionnel
Tableau comparatif émissions coton bio coton conventionnel



Un impact environnemental qui demeure malgré tout important

Le premier facteur qui détermine la quantité d’eau nécessaire pour irriguer le coton est le climat du pays de culture : celle-ci peut varier de 0 dans les climats suffisamment pluvieux à 40 000 l par kilogramme de fil coton.
Or, comme nous le disions plus haut, l’irrigation du coton biologique n’est pas interdite. En général, dans un pays donné, le coton biologique consomme un petit peu moins d’eau parce que les producteurs font davantage attention aux ressources naturelles. Cependant, le coton biologique est cultivé en partie dans des zones connues pour leurs pratiques d'irrigation : par exemple le Kirghizistan, qui fait partie des 5 pays irriguant le plus le coton, produit 10% du coton biologique.
De plus, les rendements de l’agriculture biologique sont aussi moins élevés qu’en agriculture conventionnelle. Le seul label permettant de garantir que le coton est cultivé sans irrigation est le CmiA. Le label CmiA organic assure également qu’il est biologique.
Enfin, la pollution des sols par les métaux est presque aussi importante qu’en agriculture conventionnelle.


Social : un impact sur la santé largement réduit grâce à l’interdiction des pesticides

L’interdiction de pesticides de synthèse préserve la santé des cultivateurs. Cette interdiction est précieuse car les pesticides utilisés pour le coton sont classés comme très dangereux pour la santé et l’environnement. Par exemple, le monocrotophos est classé comme “hautement dangereux” par l’OMS, alors qu’il est à l’heure actuelle encore autorisé dans de nombreux pays.
Le caractère biologique ne garantit pas non plus systématiquement de justes revenus pour les producteurs. Le prix du coton biologique est généralement supérieur à celui du coton conventionnel. Bien que le prix varie beaucoup selon la qualité et la longueur de la fibre, on estime qu’un kg de fil de coton biologique est 1,1 à 3,6 fois plus cher qu’un kg de fil de coton conventionnel. Bien que le coton puisse alors être acheté plus cher aux producteurs, celui-ci ne se fait pas forcément de marge car les coûts de production en agriculture biologique peuvent être supérieurs surtout les premières années. Les agriculteurs économisent cependant le prix des pesticides, qui causent parfois l’endettement de ces derniers.
La réglementation biologique ne garantit cependant pas de mesures sociales pour les cultivateurs. Les labels GOTS et BioRe admettent des critères de respect des droits des travailleurs sur les opérations post-récolte, mais pas forcément au champ.


Des labels pour reconnaître le coton biologique

Plusieurs labels garantissent que le coton respecte une des réglementations biologiques.
Organic Cotton Standard (OCS) : garantit uniquement que le coton est biologique mais n’inclut pas de réglementation sur les opérations post-récolte, ni de critères sociaux.
Global Organic Cotton Standard (GOTS) : garantit que le coton est biologique, inclut des critères de respect de l’environnement sur les opérations post-récolte ainsi que des critères de respect des droits des travailleurs sur les opérations post-récolte.
BioRe : garantit que le coton est biologique, inclut des critères de respect de l’environnement sur les opérations post-récolte ainsi que des critères de respect des droits des travailleurs sur les opérations post-récolte.

Il existe d’autres labels pour reconnaître du coton bio comme le CmiA organic et IVN. L’ecolabel européen, les labels Oeko-Tex en revanche n’imposent pas de coton biologique dans leurs critères.
Par ailleurs, il existe des cotons qui ne sont pas labellisés biologiques alors qu’ils en appliquent les mesures. En effet, la demande de label est coûteuse et peut freiner certains producteurs par exemple. Dans ce cas, une manière de savoir si le coton est biologique ou non consiste à se rapprocher de son producteur. Trendethics, qui produit du coton non certifié mais sans pesticides, en est un bel exemple.

Pour résumer, les différents labels ne garantissent pas tous les mêmes critères. Le tableau suivant les résume :
Tableau comparatif labels

Pour aller plus loin :