Fiche matière

COTON


Histoire naturelle et géographie

Des traces archéologiques trouvées au Mexique montrent que la culture de cette espèce date d'au moins 7000 ans. C'est la plus ancienne preuve de culture du coton sur Terre.

Le coton existe sous différentes espèces, trois majoritairement. Aucune n’est adaptée au climat européen, sa culture est donc réalisés sur d’autres continents :

  • Gossypium hirsutum est l’essence majoritaire, cultivée aux Etats-Unis, en Chine en Inde et au Brésil.

  • Gossypium herbaceum préfère les températures plus chaudes, d’où sa culture au Pakistan ou en Egypte.

  • Enfin, Gossypium arboreum , qui a la taille d’un arbre, est cultivé surtout en Asie du Sud-Est.

Pour les trois essences, la plante produit des fleurs couleur d'ivoire laissant ensuite la place à des capsules de couleur verte, puis brune. En s'ouvrant à maturité, ces capsules font apparaître les graines entourées de fibres blanches : c’est le coton.


Fabrication du fil

Une fois récoltées dans les champs, les fibres de coton sont triées puis pressées en balles pour être plus faciles à transporter vers les ateliers de filature.

La filature est l’opération de transformation du coton brut en fil.

  1. Les balles sont ouvertes et battues dans une nettoyeuse-batteuse pour retirer les corps étrangers contenus dans le coton.

  2. Le cardage, qui consiste à séparer les fibres les unes des autres, à les peigner, à les redresser et à les nettoyer, permet d’obtenir un ruban de carde d’une largeur d'environ un mètre. Une opération facultative de peignage est effectuée pour la fabrication de tissus de très haute qualité.

  3. L’étirage(ou doublage) permet d'harmoniser l'épaisseur du ruban de carde par étirage des fibres entre différents rouleaux de caoutchouc tournant de plus en plus rapidement.

  4. Les fibres peuvent ensuite subir des traitements tels que le blanchiment ou la teinture.

  5. Enfin, plusieurs rubans sont étirés et tordus ensemble pour donner le fil définitif. La torsion apportée au fil est plus ou moins grande selon l'usage auquel on le destine.



Défis écologiques : stress hydrique et pesticides

La production d’un t-shirt en coton nécessite 450 litres d’eau (1). Ce chiffre est dû à plus de 95% à l’irrigation des cultures. Le cotonnier nécessite en effet un apport d’eau important et un taux d’ensoleillement conséquent qui le rend peu adapté aux régions tempérées. Cette consommation d’eau a des conséquences qui sont très dépendantes du pays de production du coton : 40% des cultures de coton sont irriguées, et les impacts sont surtout visibles dans les régions à fort stress hydrique, par exemple en Inde. 60% (2) des cultures de coton se situent en climat tropical et se suffisent des précipitations et de l’humidité contenue dans le sol. Certains labels garantissent que le coton est uniquement pluvial. C’est le cas par exemple du label Cotton Made in Africa (CmiA). (3)

Les pesticides sont le deuxième enjeu majeur de la production de coton: 25% des pesticides mondiaux sont utilisés pour la culture du coton ! Les pesticides sont consommés pour lutter contre les nuisibles des cultures de coton, tuer les mauvaises herbes, ainsi que pour faire tomber les feuilles du cotonnier. Ces substances sont pour la plupart extrêmement nocives pour la santé des travailleurs, ainsi que pour la biodiversité.


Défis sociaux

La production du coton est majoritairement issue d’une industrie technique mondialisée d’une part, et des savoir-faire locaux et minoritaires. Pour voir un bel exemple de production artisanale : la marque Trendethics , labellisée par la Belle Empreinte.

La globalisation du coton industriel a encore au XXIème siècle des défis sociaux. Un exemple frappant est la récente découverte de travail forcé en Ouzbékistan dans les champs de coton. On peut également citer les risques de surendettement des fermiers du coton en Inde, à cause des coûts des pesticides et des OGMs qui leur sont vendus.




Comparaison entre deux cotons : des impacts très variables

Coton pluvial certifié biologique - Coton industriel irrigué
CO2
5 kg CO2/kgfibre

Consommation engrais
0 à 50 grammes par kilogramme de coton

Consommation eau
0 Litres

Métiers valorisés
Patrimoine local et parfois artisanal.

Connaissance des clients
La certification apporte de l’information
CO2
10 kgCO2/kgfibre

Consommation engrais
Plus de 150 grammes par kilogramme de coton

Consommation eau
1200 Litres pour un kilogramme de coton

Métiers valorisés
Pas de patrimoine, métiers industriels.

Connaissance des clients
Traçabilité complexe




Pour aller plus loin :

  • De nombreux chiffres sur la culture du coton : par ici

  • (1) Une récente étude d’Eco-invent sur la production d’un T-shirt en coton : fichier pdf

  • (2) Le coton, par des professionnels de l’industrie : ICAC

  • (3) Cotton made in Africa : CMiA

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