Textile et réchauffement climatique

EN BREF

Contribution du textile aux émissions mondiales : 4 % pour la production (hors entretien). Potentiellement 26 % en 2050.

Causes principales : production des fibres textiles et confection. Repassage, séchage et lavage dans les pays utilisant des énergies fossiles pour l’électricité.

Leviers d’action : limiter la production neuve via la seconde main et la longévité.

Comment diminuer l’impact CO2 de son armoire en France ?

En France, les émissions liées à notre armoire sont principalement dues à la production des vêtements, l’entretien ayant peu d’impact en ce qui concerne le réchauffement climatique.

Il s’agit avant tout de diminuer la quantité produite. Quelques bonnes pratiques pour cela :

  • privilégier la qualité sur la quantité
  • réparer
  • acheter d’occasion
  • revendre ou déposer dans des points de collecte

Par ailleurs, la production de certaines fibres textile génère moins de CO2 que d’autres : privilégiez les fibres naturelles biologiques aux fibres synthétiques. Les fibres naturelles biologiques évitent les émissions liées à la production d’engrais de synthèse.

Enfin, le Made in France permet de garantir une confection à partir d’une énergie principalement nucléaire et donc peu chargée en CO2.

Quelles sont les sources de CO2 au cours de la vie d’un vêtement ?

La production des fibres textiles et la confection représentent 2/3 des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) en France. Dans les pays qui utilisent des énergies fossiles pour produire l’électricité, l’entretien contribue largement aux émissions de CO2 : le fer à repasser et le sèche linge sont particulièrement énergivores. Contrairement aux idées reçues, le transport ne compte pas pour beaucoup.

LA PRODUCTION DES FIBRES

La production de fibres représente, en France, jusqu’à 35 % de l’impact carbone de certains vêtements (1). Les processus de production des fibres textiles sont très différents s’il s’agit d’une fibre naturelle, synthétique ou artificielle d’où leurs écarts de contribution au réchauffement climatique.

  • La laine, naturelle mais polluante ! Les ruminants sont responsables d’importantes émissions de méthane, produit par fermentation lors de leur digestion.
  • Les fibres synthétiques (polyester, acrylique, polyamide…) sont formées à partir de molécules obtenues à partir du pétrole. Les étapes d’extraction du pétrole, de raffinage et de pétrochimie pour obtenir les plastiques émettent de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère (~12 kg CO2e par kg de fibre).
  • Les fibres végétales naturelles (coton , lin, chanvre) et artificielles (viscose, lyocell…) contribuent peu au réchauffement climatique, principalement à travers la production d’engrais, pesticides, l’utilisation d’engins agricoles et l’énergie nécessaire lors des processus de transformation. Les cultures (particulièrement les forêts) peuvent piéger du CO2 atmosphérique grâce au mécanisme de photosynthèse.
  • Pour les fibres recyclées, tout dépend du type de recyclage. Certains procédés sont très consommateurs d’énergie, ce qui peut engendrer des émissions de CO2. Cependant, toutes les émissions liées à la production de la fibre vierge sont évitées (très bénéfique dans le cas de la laine ou du coton).

DE LA FIBRE AU VÊTEMENT

Les étapes de filature, tissage et confection utilisent beaucoup d’énergie. Elles sont souvent réalisées dans des pays, souvent en Asie, dans lesquels le mix énergétique (sources de production d’électricité) est très carboné. Ainsi, un fort besoin d’énergie implique d’importantes émissions de GES.

DES TRANSPORTS PAS SI NOIRS

Contrairement aux idées reçues, les transports ne constituent pas la phase la plus émettrice de GES. Par ailleurs, l’impact du « dernier kilomètre » en camion entre les différents entrepôts et magasins est souvent plus important que celui des transports en avion et bateau.

L’impact carbone des emballages des vêtements est, lui aussi, très faible (un dix millième de l’impact total).

LA PART DE L’ENTRETIEN

Selon les études, l’importance attribuée à l’étape d’utilisation d’un vêtement est extrêmement variable. En France, cette étape joue peu sur l’empreinte carbone d’un vêtement.

TOUT EST UNE QUESTION DE PAYS

Laver un t-shirt en France ou en Allemagne n’a rien à voir en termes d’impact carbone ! En effet, en France l’électricité est produite à 70 % par les centrales nucléaires qui n’émettent pas de CO2. En Allemagne, en revanche, en 2018 on comptait par exemple 35 % d’électricité produite par les centrales à charbon. L’impact carbone du lavage et du repassage d’un vêtement en Allemagne est non-négligeable. Quand on regarde le cycle de vie d’un vêtement, les émissions liées aux étapes de production n’interviennent qu’une fois, tandis que les émissions liées à l’entretien auront lieu à chaque lavage et repassage.

Pour limiter les consommations d’énergie (et émissions de CO2, dans certains pays) lors du lavage : diminuer la fréquence de lavage des vêtements, éviter le repassage si possible, choisir des températures de lavage moins élevées et préférer le séchage à l’air libre au sèche linge.

PERSPECTIVES

Avec l’augmentation de la demande dans les marchés émergents (Asie, Afrique) et la diminution du nombre d’utilisations moyen par vêtement, on prévoit que la production de vêtements mondiale pourrait tripler d’ici 2050, augmentant la part des émissions mondiales de CO2 de 4 % à 26 %.

Les émissions de GES ne sont cependant pas le seul impact de l’industrie du textile. On compte également la consommation d’eau, ou encore les émissions de substances toxiques dans l’air et dans l’eau. La Belle Empreinte intègre dans son analyse les différents impacts environnementaux ayant lieu tout au long du cycle de vie des vêtements.

Sources :

(1) L’étude de l’ADEME sur le bilan carbone des objets.

(2) L’étude comparative du lin et du coton de Bio Intelligence Services.

(3) L’étude de la fondation Ellen MacArthur sur le textile.